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“ Le crowdsourcing, littéralement « s’approvisionner auprès d’une foule » est une pratique qui consiste à faire contribuer un très grand nombre d’individus à la résolution d’un problème, à apporter des réponses à une question. Concrètement, une organisation (entreprise, association, …) formule des challenges (pose des questions) sur une plateforme collaborative (un site internet) invitant les visiteurs, un très grand nombre, à déposer leurs réponses et à réagir aux autres réponses. A quoi cette pratique est-elle appliquée, avec quelles finalités ? „

Toute interrogation peut motiver le recours au crowdsourcing et se traduire par un challenge (question) plus ou moins fermé. Très schématiquement, 3 situations type se dégagent :

1 – L’entreprise a un problème précis, généralement d’ordre technique, qu’elle ne sait pas résoudre.

Le challenge consiste en la description du problème à résoudre et des contraintes (techniques et économiques) que doit respecter la solution. L’entreprise attend LA réponse, LA meilleure solution.
Dans ce cas de figure, le challenge vise des acteurs qui ont possiblement déjà la solution, ou au moins une partie de la solution à titre individuel. Le jeu de l’effet réseau – les interactions entre les participants – est limité (voire inexistant lorsqu’un participant maîtrise la totalité des éléments permettant de construire la réponse). L’opération va permettre de faire se rencontrer des participants qui disposent chacun d’une partie de solution : de petits groupes « fermés » de participants se constituent pour additionner les réponses partielles complémentaires sur le modèle des consortiums. Les challenges de ce type sont généralement rémunérés : on récompense celui (ceux) qui a amené la solution. C’est l’entreprise organisatrice du challenge, et elle seule, qui qualifie sur un mode binaire la qualité des réponses apportées: ça répond ou pas au problème posé.
La qualité du ciblage des compétences des répondants au challenge est déterminante : il s’agit de solliciter des individus qui ont plus de chance que d’autres d’avoir une partie de la solution. Ce type de crowdsourcing est à la base du business model d’acteurs « intermédiaires d’innovation ouverte » qui développent et entretiennent des réseaux d’experts qualifiés, cartographiés par compétences (les solvers) auxquels sont soumis les problèmes de leurs clients (les seekers).  Innocentive, ou les français  Hypios et  Presans qui a développé un sourcing intelligent d’experts en sont quelques exemples.

2 – L’entreprise souhaite explorer un domaine, un champ de possibles, comprendre les évolutions des usages et des comportements, en appeler à la créativité pour générer de nouvelles idées de produits ou de services …

Le challenge dans ce cas va reposer sur des questions ouvertes : « à votre avis … », « que pensez vous de … ».
Dans ce type de challenge, les interactions entre participants sont prépondérantes, l’effet réseau est maximal : ce sont les rebonds, les commentaires, les questions appelant approfondissement et suscitant à leur tour de nouvelles idées émises par d’autres participants qui font une grande partie de la valeur de l’exercice qui est par nature foisonnant, mais qui doit bien finir par atterrir … d’où la difficulté à définir des systèmes de récompense adaptés.
Ces challenges intégrent des systèmes de « like » pour les meilleures idées, … (celles qui plaisent le plus à la communauté) : c’est la foule qui priorise, qui détermine ce qui constitue une réponse de valeur selon des systèmes de vote sur lesquels sont assis des récompenses. Cet aspect de priorisation, vote, a une grande valeur dans l’exercice et certaines plateformes intègrent des fonctionnalités « push » qui imposent régulièrement au participant de voter pour l’idée qu’il préfère parmi un petit groupe extrait aléatoirement de la base. Le ciblage des participants relève beaucoup moins, voire pas, d’un niveau de compétence. Au contraire, c’est le fait de faire interagir des points de vue différents qui va créer de la valeur. Ce qui compte c’est de réunir un maximum de personnes pouvant avoir des avis sur la question, c’est à dire ayant un intérêt, une motivation pour le sujet du challenge.
Ce type de challenge créatif est également à la base de l’identification et du développement de communautés d’intérêt dans l’écosystème de l’entreprise qui l’organise. C’est typiquement une opération de ce type que nous avons menée dans le cadre du challenge  Ecdys 2011.

3 – Le crowsourcing est également un outil extrêmement performant pour l’entreprise qui souhaite valider un concept et le développer.

Il permet d’associer la communauté à la co création du service en levant progressivement les incertitudes. Plus on se situe loin dans le processus de développement, plus les questions seront fermées. En aval, elles se concrétisent par exemple dans la confirmation d’un pricing, (combien seriez vous prêt à payer pour …), par un choix entre plusieurs options de design (lequel préférez vous ?) … En bout de chaîne, il s’agit d’un sondage pour identifier les options préférées par la majorité : l’effet de réseau est minimal.
Dans ce type de challenge, ce qui motive le participant, c’est la capacité qu’on lui donne d’orienter le produit / service en fonction de ses propres besoins et goûts. La valeur de l’exercice repose sur le grand nombre de participants (statistique du nombre) allié à la plus grande surface de recouvrement possible entre les participants et les futurs acheteurs du produit / service. A ce titre, citons par exemple Peeble où de nombreux contributeurs au design en mode collaboratif ont acheté préalablement le produit « en primeur » à un tarif inférieur au prix de lancement dans le cadre d’une opération de crowdfunding organisée sur kick-starters.

La pratique du crowdsourcing est à la base de très nombreux business models de plate-formes qui proposent aux entrepreneurs d’héberger leurs challenges.

Certaines, dont ID Awards est un des nombreux exemples, se situent à la croisée des chemins entre les challenges ouverts et les challenges semi-fermés de développement en offrant la possibilité à un « inventeur » de bénéficier d’un large feed back pour approfondir son idée.
D’autres reprennent à leur compte les initiatives au bénéfice du développement de leur communauté. A titre d’exemple,  Quiky qui a finalement concrétisé un partenariat avec Auchan met en oeuvre un business model très ingénieux de création coopérative et d’achat groupé en ligne :
• L’inventeur (initiateur d’idée) paie pour exposer son idée en ligne.
• La communauté est invitée à exprimer son intérêt pour le produit et à co concevoir et améliorer les produits sélectionnés.
• La plateforme finance le développement (faibles car il s’agit de produits pour la maison, assez basiques) et le produit ne part en production que si suffisamment de personnes l’achètent.
• Les revenus sont partagés entre l’initiateur, les contributeurs et la plateforme

Une entreprise, dès qu’elle en aura les moyens, gagnera à organiser elle-même ses propres opérations pour développer et fidéliser ses propres communautés sur des challenges successifs de bout-en-bout de son processus d’innovation.

ECDYS-Openlab a été conçu pour permettre à toute entreprise, même de taille modeste, d’organiser elle-même ses challenges et de tirer le maximum de valeur du crowdsourcing :
• non seulement dans la qualité des réponses apportées aux challenges ouverts (identification de signaux faibles, synthèse créative) et dans la qualité des interactions avec les contributeurs externes en support du processus de co création
• dans le développement de son écosystème au travers de l’animation de ses communautés et la fidélisation des contributeurs depuis les phases amont d’exploration vers les phases aval de développement
• dans le développement de leur notoriété et de celle de leurs offres