Comment manager l'intelligence collective au sein des organisations ?

Le recours à l’intelligence collective se répand au sein des entreprises, concept prometteur pour les organisations à la recherche de renouveau et d’engagement de la part de leurs collaborateurs. Mais si le concept est séduisant, il nécessite de se familiariser avec les bonnes pratiques afin d’en tirer le meilleur parti. Explorons à travers cet article les pratiques clés à adopter pour manager l'intelligence collective au sein de votre organisation.

Engager une large communauté

L’intelligence collective exprime tout son potentiel dans la contribution d’un très grand nombre de personnes avec des origines, des profils, des expériences et des cultures variés. Il ne faut donc pas se limiter à la participation des équipes habituellement engagées dans les groupes de travail ou projets mais au contraire élargir au maximum les contributions sans tenir compte des frontières hiérarchiques, métiers ou géographiques. Une large communauté a beaucoup plus de probabilités d’identifier de nouvelles pistes, qu’un petit groupe d’experts.

La contribution doit être stimulée par une large communication, accessible à tous.

Faire confiance

L’intelligence collective, c’est parier sur la richesse que peut apporter chacun de par ses connaissances, ses aptitudes, ses expériences. C’est donc faire confiance aux collaborateurs pour construire les solutions du futur avec eux.

La confiance se gagne en créant un climat où l’écoute et l’humilité font partie des principes de l’entreprise. Casser les silos permet à chacun de contribuer quels que soient sa fonction et son niveau dans la hiérarchie. La mécanique s’enclenche si chacun a envie de contribuer spontanément.

La confiance s’installe aussi grâce aux retours et aux marques de reconnaissances au fil de l’avancement des projets. Rien de plus démotivant après une période d’euphorie de constater que les projets tombent à l’eau sans explication ou en raison d’une absence de suivi. La déception peut être profonde et durable.

Faire confiance, c’est aussi reconnaitre le droit à l’échec, qui fait partie du jeu si on sort des sentiers battus.

Donner du sens

L’envie de contribuer nait de la compréhension des objectifs.

L’approche collective renforce la nécessité d’avoir une vision qui va encadrer les réflexions. Les enjeux et la direction visée doivent être clairement posés. Sur cette base, les challenges à relever sur lesquels la communauté va être sollicitée doivent être formulés avec soin.

Fournir des sources d’inspiration (informations sur le marché, nouvelles technologies, évolutions des usages …) facilite l’appropriation du sujet et encourage la participation.

Créer des temps forts, sous des formes diverses adaptées aux circonstances, permet de fédérer la communauté : évènement de présentation des projets les plus prometteurs, séance de vote ouverte à tous, organisation de trophées, hackathons … Ces évènements peuvent se décliner au niveau local par exemple.

Organiser les contributions

Une créativité riche mais non organisée a peu de chances d’aboutir à des résultats concrets. Une succession d’idées partagées, à l’instar des réseaux sociaux, ne suffit pas à faire émerger une nouvelle idée.

Il convient de définir une gouvernance qui précisera la manière dont les contributions vont être analysées, triées, priorisées pour se donner des probabilités de faire émerger les concepts intéressants.

En conséquence, déployer les outils qui vont structurer la démarche est un passage incontournable. Ces outils doivent permettre à la communauté d’échanger, de rebondir, d’approfondir, de créer des associations d’idées et de faire ressortir les idées les plus intéressantes.

Être cohérent

Lorsqu’un projet d’intelligence collective est lancé dans l’entreprise, celle-ci doit s’assurer d’avoir une cohérence à tous les niveaux dans sa démarche :

  • Cohérence au niveau du management qui va relayer les bons messages, encourager la participation et s’engager dans les processus de décision.
  • Cohérence dans les moyens alloués en termes de temps, de budget ou de priorité.
  • C’est aussi se donner les moyens de mobiliser les compétences requises et de prendre les décisions au moment opportun pour éviter le piège de l’enlisement.

Développer les bonnes attitudes et compétences

Développer l’intelligence collective au sein de l’entreprise nécessite de créer un contexte bienveillant, respectueux des contributions de tous où chacun pourra s’exprimer sans crainte. La direction des Ressources Humaines doit incarner et animer cet état d’esprit.

Elle peut encourager les velléités d’intrapreneurs qui auront un effet d’entrainement auprès des autres, former aux nouvelles méthodes de travail collaboratif ou renforcer les compétences de leadership plutôt que l’autorité hiérarchique.

 


Le meilleur moyen de se frotter à la réalité de l’intelligence collective est d’essayer !

Car comme le laisse présager Joël de Rosnay en affirmant que « L’entreprise de demain est une plateforme d’intelligence collective », les structures qui sauront se libérer des modes d’organisation et de pensée traditionnelles en s’appuyant sur la richesse de la collectivité, prendront une longueur d’avance.